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Recyclage-Plastique-Economie-Fiction
Recyclage-Plastique-Economie-Fiction

La pollution plastique est devenue l’un des problèmes environnementaux les plus pressants de notre époque, affectant les écosystèmes terrestres et marins à l’échelle mondiale. Des images saisissantes d’océans envahis par des îlots de déchets plastiques et d’animaux marins pris au piège dans des filets et des sacs en plastique ont attiré l’attention du public sur l’ampleur de ce fléau. Ce sont d’ailleurs ces images choquantes d’animaux vulnérables et emblématiques relayées par les ONG et les associations de défense de l’océan et de sa population qui ont contribué à une prise de conscience et une mobilisation beaucoup plus forte que certaines autres pollutions tout aussi graves mais plus invisibles telles que les PFAS* (aussi appelés polluants éternels, présents dans l’eau, l’air intérieur, l’alimentation, les accessoires de cuisine, les textiles, cosmétiques, produits phytosanitaires etc.)

Pourtant la production et la consommation de plastique ne cessent d’augmenter de manière exponentielle. La production de plastique est passé e de 1 million de tonnes par an en 1950 à 460 millions en 2019 selon un rapport de l’OCDE de 2022 et elle pourrait même atteindre 1,2 milliard de tonnes d’ici 2060. Il est important de rappeler que le plastique est issu à 99% d’énergies fossiles. 

De plus les discussions se sont longtemps concentrées sur le plastique à usage unique mais on assiste à une offre exponentielle de plastique à travers tous les secteurs: l’automobile, l’aviation ou encore la santé. Le plastique a petit à petit remplacé d’autres matériaux nettement plus durables. Et plus récemment nous voyons fleurir l’offre d’objets de toute sorte en plastique recyclé: mobilier, vêtements, accessoires… Nous pourrions y consacrer un article entier mais ce qui est important de retenir ici c’est qu’il faut à tout prix éviter de faire croire aux consommateur·rice·s qu’en recyclant le plastique pour fabriquer de nouvelles choses nous pouvons considérer que nous protégeons l’environnement et notre santé. D’une part le processus de recyclage est loin d’être anodin et d’autre part de tels modèles d’affaires risquent de contribuer à perpétuer le problème puisqu’on pourrait penser que la pollution est absorbée dans un cycle perpétuel de recyclage.

« La pétrochimie est le secteur le plus consommateur d’énergie, devant l’aviation, le transport routier ou la production de voitures. » 

Quel est le problème? La liste est longue malheureusement. L’utilisation massive et croissante des énergies fossiles et des produits chimiques qui polluent l’environnement et notre santé, les 5 à 23 millions de tonnes de plastique déversées chaque année dans l’océan qui étouffent les écosystèmes et tuent 100’000 mammifères marins, sans oublier les 400’000 à 1 million de personnes qui, selon les estimations de l’association Tearfund, meurent chaque année de maladies liées à la mauvaise gestion des déchets, en particulier les fumées toxiques émises lors de la combustion des déchets plastiques. Le plastique entre dans la nourriture que nous mangeons, l’eau que nous buvons et l’air que nous respirons.

Dans cet article, nous explorons les défis posés par la pollution plastique et les actions entreprises pour l’endiguer.

Comme pour tout changement systémique la bifurcation doit s’opérer à plusieurs niveaux: les institutions internationales d’une part, les Etats et les collectivités publiques, l’industrie et enfin la population.

Que font les institutions internationales?

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a publié en mai une feuille de route** visant à réduire la pollution plastique de 80 % d’ici 2040. Pour atteindre cet objectif, le rapport propose une approche systémique visant à résoudre les problèmes de pollution plastique en s’attaquant aux causes sous-jacentes. Il recommande de réduire l’utilisation des plastiques problématiques et inutiles, ainsi que de transformer le marché en faveur de l’économie circulaire pour les plastiques. Pour cela, trois grands changements sont nécessaires, axés sur la réutilisation, le recyclage, la réorientation et la diversification, ainsi que des mesures pour traiter la pollution plastique existante.

Le premier changement, axé sur la réutilisation, vise à passer d’une économie basée sur le jetable à une société favorisant la réutilisation des produits en plastique. Il est essentiel de rendre la réutilisation économiquement plus avantageuse que le simple fait de jeter ces produits. Le rapport met également en évidence l’importance de promouvoir un marché rentable pour le recyclage du plastique.

La réorientation et la diversification impliquent de faire évoluer le marché vers des alternatives durables aux plastiques. Cela nécessitera des changements dans la demande des consommateurs, la réglementation et les coûts associés.

Le rapport souligne que ces solutions existent déjà et qu’une transformation systémique, soutenue par une réglementation adéquate, apportera des avantages économiques et la création d’emplois tout en réduisant les effets néfastes sur la santé humaine, l’environnement et le climat.

Le rapport avertit aussi qu’un retard dans la mise en œuvre de ces mesures pourrait entraîner une augmentation de la pollution plastique de 80 millions de tonnes métriques d’ici 2040. Des réglementations plus strictes sont également nécessaires pour l’élimination des déchets plastiques non recyclables et la responsabilité des fabricants de produits contenant des microplastiques toxiques. Certains critiques ont toutefois reproché au PNUE d’encourager la pratique polluante de l’incinération des déchets plastiques.

Pour opérer un changement systémique il faut créer un consensus international soutenu par une règlementation et donc commencer par élaborer un traité international qui devra ensuite être appliqué à l’échelle nationale par les pays signataires. 

Lors d’une réunion du PNUE l’année dernière les gouvernements ont finalement décidé de prendre des mesures pour « mettre fin à la pollution plastique » et ont appelé à une série de réunions de négociation sur un éventuel traité international juridiquement contraignant d’ici fin 2024. La réunion qui a eu lieu à Paris du 29 mai au 2 juin était le deuxième sommet sur les plastiques, avec trois autres prévus d’ici la fin de l’année prochaine.

Les débats ont portés sur deux questions principales : la gouvernance du traité, notamment le mode de prise de décision (majorité ou unanimité), et la portée du traité, c’est-à-dire s’il doit couvrir l’ensemble du cycle de vie du plastique, de la production à l’élimination ou se concentrer uniquement sur la gestion des déchets posant le recyclage comme une solution universelle.

Il y a clairement deux blocs qui s’opposent avec des visions très différentes de ce futur traité: 

D’un côté, certains pays asiatiques, tels que la Chine, les États-Unis et l’Arabie saoudite, soutenus par le lobby de la pétrochimie et du plastique, défendent l’idée de plans nationaux avec des objectifs fixés par chaque pays, mettant l’accent sur le recyclage et une meilleure gestion des déchets.

De l’autre côté, une coalition de 55 pays, dont l’Union européenne, le Rwanda et la Norvège, qui préconisent une approche axée sur la réduction de l’utilisation et de la production de plastique, en fixant des objectifs globaux dans le cadre du traité.

Parmi les 190 lobbyistes présents, certains ont tenté de freiner les progrès des négociations, défendant les intérêts de grandes entreprises comme Nestlé, Lego, Exxon Mobil, Coca-Cola, ainsi que des entreprises françaises telles que Carrefour, Michelin, Danone, Veolia et TotalÉnergies. Leur présence a été critiquée par plusieurs associations et certaines d’entre elles ont aussi souligné que les États membres devraient représenter les intérêts de leurs populations plutôt que ceux de l’industrie plastique afin de parvenir à un traité solide et efficace.

La question de savoir si le traité serait contraignant a également été un point de friction, avec certains pays, dont les États-Unis, préconisant des plans d’action nationaux plutôt que des mesures internationales obligatoires. Nous avons déjà un aperçu de l’efficacité des accords non contraignants avec l’exemple de l’Accord de Paris qui a ce jour n’est respecté par aucun pays signataire…

Les 175 pays membres du traité ont confié un mandat au Comité intergouvernemental de négociation a maintenant pour mission de rédiger une première ébauche du traité, appelée « zero draft », qui sera présenté à Nairobi cet automne. En attendant, il est encouragé à poursuivre les négociations dans un cadre moins multilatéral.

Le débat autour de la portée du traité est clivant, car il remet en question nos modèles de société et la question de la sobriété. Bien sûr certaines grandes compagnies pétrolières s’opposent à ce traité car il pourrait remettre en question leur activité. Cependant, les scientifiques soutiennent que la réduction de la production de plastique est essentielle pour mettre fin à la pollution plastique. Alors que les plastiques et les produits pétrochimiques contribueront à une part importante de la demande future en pétrole, des voix se sont élevées pour demander que le traité s’attaque également à la production d’énergies fossiles, considérée comme la cause profonde de la pollution plastique.

Marché-Carbone-Réforme-Europe

La Commission européenne elle aussi a décidé de s’attaquer au problème avec son projet de règlement pour réduire l’utilisation des emballages à usage unique. Il comprend deux axes principaux, le réemploi et le recyclage. Le second axe est à l’évidence bien plus séduisant aux yeux des lobbies du plastique puisque le recyclage est la promesse pour eux de pouvoir continuer leurs activités plus ou moins comme avant.   

D’ailleurs les plasturgistes se frottent les mains en France car le projet du gouvernement d’interdiction des emballages en plastique a été bloqué par la Commission européenne en raison de son projet en cours d’élaboration. Ils espèrent que les ambitions françaises seront revues à la baisse si le texte européen aboutit à des mesures moins contraignantes. Ces discussions suscitent des inquiétudes parmi les associations écologistes, qui craignent que les mesures en faveur du réemploi soient abandonnées ou réduites en raison des pressions de l’industrie. 

La Commission européenne propose d’imposer des taux minimums de produits vendus dans des récipients réutilisables à partir de 2030. Les fabricants d’aliments et de snacks salés quant à eux plaident pour l’utilisation d’emballages en plastique jetable en mettant en avant la protection des aliments et la prolongation de leur durée de conservation, arguments récurrents de l’industrie agroalimentaire. Cependant, les études sur lesquelles ils se basent sont souvent lacunaires et n’incluent pas tous les impacts des emballages plastiques, notamment les impacts liés à la fin de vie, ni les approches alternatives telles que la vente en circuit court, la vente en vrac ou encore les emballages réutilisables. 

Le recyclage est un autre axe du projet de règlement européen, tout comme celui des Nations unies, mais les scientifiques soulignent que de nombreux plastiques ne sont pas encore techniquement recyclables et que le recyclage ne permet pas de réduire notre consommation de plastique. Les industriels investissent dans de nouvelles filières de recyclage, mais celles-ci doivent être rentables et nécessitent toujours la production de nouvelles matières premières. 

En fin de compte, le plastique, qu’il soit recyclé ou non, ne disparaît jamais complètement et continue de polluer l’environnement. 

Une autre enquête publiée début avril par l’Unédic, organisme qui gère le régime d’assurance-chômage nous révèle que huit travailleur·euse·s sur dix en France souhaitent que leur travail soit en adéquation avec le défi climatique.

Et la suisse ?

Malgré les apparences, la Suisse est leader européen en matière de déchets plastiques. Si la Suisse fait partie des partisans d’un accord ambitieux, elle figure aussi sur le banc des mauvais élèves en termes de consommation de plastique. Nous produisons plus de déchets plastiques que presque tous nos voisins. Chaque habitant consomme 125 kg de plastique par an, contre 114 kg en moyenne dans les pays européens et 69 kg au Japon et en Corée (chiffres de l’OCDE)  

Que se passerait-il si une telle interdiction devait être appliquée en Suisse? 

Interviewé par Heidi.news Ewoud Lauwerier, expert en gestion du plastique à l’ONG Oceancare rappelle que la loi suisse détient déjà les clés pour mettre en place une telle interdiction. De fait, la Loi sur la protection de l’environnement (LPE, article 30a) permet au Conseil fédéral d’édicter des ordonnances pour interdire des produits à usage unique et de courte durée, «si les avantages ne justifient pas les atteintes à l’environnement». Selon Ewoud Lauwerier «le gouvernement suisse doit simplement appliquer ce qui est déjà inscrit dans sa loi.» Le reste est donc une question de volonté ou de courage politique. 

Concernant le recyclage le chercheur ajoute que «contrairement aux déclarations, la Suisse est parmi les pires pour le recyclage du plastique. On estime que 85 à 90% des déchets plastiques du pays sont incinérés pour une revalorisation énergétique.» Le recyclage concerne en grande partie le PET, qui ne peut pas être recyclé à l’infini, précise-t-il, avant d’ajouter: «Quand on sait que 40% du plastique consommé est à usage unique, cela revient à directement brûler du pétrole.»

Le PET, parlons-en justement…

Depuis son invention en 1973 la bouteille en plastique PET, jugée alors comme une alternative innovante et durable au verre, a connu une ascension fulgurante pour atteindre une production de plus de 500 milliards de bouteilles par an, dominée principalement par Coca-Cola, PepsiCo et Nestlé. L’immense majorité de ces bouteilles ne sont pas recyclées (70%) et terminent dans les cours d’eau et l’océan, dans des décharges ou incinérées, provoquant une pollution de l’air qui affecte de manière disproportionnée les communautés défavorisées. Ce que l’on sait moins c’est que ces bouteilles sont à l’origine d’une pollution chimique dangereuse à chaque étape de leur cycle de vie*: 

-Les matières premières utilisées dans la production du PET, telles que l’éthylène glycol, qui entraînent la libération de substances toxiques dans l’air et contribuent à la pollution. Le traitement et le raffinage du pétrole et du gaz utilisés pour la fabrication.

-Les bouteilles en plastique PET libèrent des produits chimiques dans les boissons qu’elles contiennent, y compris des substances cancérigènes telles que l’antimoine.

-Le processus de recyclage lui-même peut aussi entraîner l’incorporation de produits chimiques toxiques dans les produits fabriqués à partir de plastique recyclé, présentant un risque pour les consommateur·rice·s.

En 2022 Coca-Cola indiquait dans son rapport de durabilité que les contenants réutilisables représentaient 14% des produits vendus, une baisse de 2% par rapport à 2021, ce qui représente 5.8  milliards de bouteilles en plastique à usage unique vendus en plus.

Le recyclage, la solution de tous nos problèmes?

La thèse selon laquelle le recyclage serait la solution miracle pour enrayer la crise du plastique est assez peu réaliste: comment avec des taux de recyclage déjà très faibles pourrions-nous imaginer à la fois suivre le rythme de la croissance de la production de plastique tout en essayant d’atteindre un taux de recyclage plus élevé que les taux actuels? Sans oublier qu’une grande partie des plastiques ne sont pas encore recyclables. 

Et même lorsqu’ils le sont, là encore d’autres problèmes se posent. Nous avions déjà évoqué la question des microplastiques dans notre article à propos de l’océan et des menaces environnementales et sanitaires qu’ils représentent. Une étude publiée dans le Journal of Hazardous Material Advances révèle qu’une usine de recyclage de plastique au Royaume-Uni produit jusqu’à 1,4 tonnes de microplastiques par an, et cela malgré l’utilisation de filtres. Il semble que les opérations de broyage, de déchiquetage et de lavage du plastique dans les installations de recyclage peuvent transformer entre six et treize pour cent des déchets entrants en microplastiques. Ces particules toxiques et minuscules sont une préoccupation environnementale émergente et omniprésente pour la planète et les êtres humains. Si les calculs de l’équipe de chercheurs sont représentatifs de l’industrie du recyclage dans son ensemble, l’ampleur des microplastiques créés lors des processus de recyclage serait choquante, peut-être jusqu’à 400’000 tonnes par an rien qu’aux États-Unis, soit l’équivalent d’environ 29 000 camions de microplastiques. Cette étude suggère que, au lieu de contribuer à résoudre la triple crise planétaire de la pollution, du changement climatique et de la perte de biodiversité, le recyclage pourrait aggraver le problème en créant un dilemme encore plus complexe.

Selon une étude récente de Greenpeace*** seulement 6 à 9 % de tout le plastique produit depuis 1950 a été envoyé au recyclage. Le recyclage en boucle fermée, qui consiste à refabriquer des produits identiques ou similaires, représente une infime partie du plastique recyclé. La plupart du temps, le plastique recyclé est utilisé pour fabriquer des produits de qualité inférieure, ce qui est appelé le recyclage descendant. De plus, le plastique ne peut être recyclé que deux fois avant de perdre ses propriétés essentielles, ce qui limite sa durabilité.

Une autre étude**** insiste sur le fait que les pratiques actuelles en termes de gestion des déchets plastiques sont insuffisantes.

« Si une personne en Suisse dépose 70% de ses déchets plastiques à un point de collecte pendant un an, le bénéfice écologique équivaut seulement à se passer d’une entrecôte de boeuf. »

Plutôt décourageant! Ces études et statistique nous disent clairement que de continuer à produire, acheter, trier et éventuellement recycler du plastique ne nous permettra pas de solutionner le problème. 

Que font les industriels?

Alors que les consciences écologiques s’éveillent en Europe avec en parallèle une règlementation de plus en plus contraignante certaines entreprises de pétrochimie décident de se tourner vers les pays émergents qui souhaitent consommer comme nous afin de développer leurs activités et d’assurer la continuité de leur croissance. 

D’autres proposent de substituer le plastique tiré du pétrole par du plastique biosourcé, c’est-à-dire issu de cultures vivrières telles que la pomme de terre, le maïs, les betteraves, la canne à sucre… Le problème c’est l’échelle à laquelle il faudra cultiver pour obtenir suffisamment de rendement: il faudra donc utiliser de l’engrais et des pesticides qui sont justement fabriqués par l’industrie pétrochimique, la boucle est bouclée. Le processus de production des polymères par ailleurs de change pas, ce n’est pas parce que la matière première vient de la nature que c’est propre pour autant. Les contenants en bioplastique sont souvent perçus comme plus sûrs et respectueux de l’environnement, mais ils peuvent également libérer des composés potentiellement nocifs et générer des microplastiques lors de leur dégradation. Leur innocuité pour la santé humaine n’est pas prouvée, et des tests insuffisants sont réalisés pour évaluer leurs effets perturbateurs endocriniens.

La posture de l’industrie est clairement de chercher tous les moyens pour s’attaquer à de nouveaux marchés, trouver des alternatives pour continuer à fabriquer du plastique  mais beaucoup moins à chercher des alternatives durables et des solutions pour solutionner un problème dont ils sont à l’origine. 

« Il faut s’attaquer à tout le cycle de vie du plastique, à commencer par la production. »

Une approche plus durable consisterait à prévenir les déchets plastiques dès les premières étapes du cycle de vie des produits en réduisant la production de plastique, en réutilisant ce qui existe déjà et en remplaçant le plastique par d’autres matériaux lorsque c’est approprié.

Réduire la production de plastique inutile est essentiel. Les plastiques impossibles à collecter, réutiliser ou recycler, ainsi que ceux contenant des produits toxiques, doivent être éliminés en priorité. Des limites mondiales sur la production de plastique pourraient restreindre son utilisation aux produits et emballages réutilisables, réduisant ainsi la pression sur les systèmes de recyclage.

La réutilisation du plastique qui existe déjà permet de réduire la quantité de nouveaux produits et emballages à fabriquer et la quantité de déchets à recycler. Les gouvernements pourraient fixer des mandats nationaux pour encourager l’utilisation de tasses et de bouteilles réutilisables, ce qui réduirait considérablement le nombre de tasses et gobelets jetables utilisés chaque année.

Il n’existe pas de matériau alternatif universellement durable pour remplacer le plastique, mais des métaux, du verre ou du papier peuvent être utilisés selon les besoins spécifiques des produits. Nous l’avons évoqué lorsque nous avons parlé du bio-plastique, il est essentiel d’évaluer les conséquences environnementales de chaque matériau sur l’ensemble de son cycle de vie, en tenant compte des coûts sociaux, environnementaux et économiques, afin d’éviter de remplacer un problème par un autre.

Le recyclage reste utile lorsque d’autres options sont épuisées, mais il ne devrait pas justifier une augmentation de la production de plastique. Les plastiques destinés au recyclage doivent être conçus pour être recyclables de manière sûre et propre, et les additifs toxiques doivent être interdits. Il est également crucial d’étiqueter clairement les produits pour aider les consommateurs à prendre des décisions éclairées sur la réutilisation ou le recyclage.

Que font les consommateur·rice·s?

Ce qu’ils·elles peuvent!… Bien sûr il y a toujours des comportements et des pratiques que l’on peut améliorer, des habitudes desquelles nous défaire mais en substance tant que le virage crucial de l’élimination du plastique à la racine du système de production, du développement d’alternatives durables non polluantes, de la création de nouveaux modèles de consommation (ou de retour à d’anciens modèles), nous consommateur·rice·s pourrons continuer à faire tous les efforts que nous voulons le résultat demeurera marginal par rapport à l’ampleur de la tâche.

Mais comme cela ne veut pas dire non plus que nous ne pouvons rien faire! Voici une liste de conseils que nous vous avions déjà proposée dans notre article à propos de l’océan, l’autre poumon de la terre.

POUR VOTRE SANTÉ et celle de l’environnement

-Buvez de l’eau du robinet plutôt que l’eau en bouteille, qui contient en moyenne le double de microplastiques que l’eau du robinet (selon la chimiste américaine Sherri Mason). 

-Utilisez un système de filtre à eau pour réduire la concentration de microplastiques dans l’eau.

-Ne réchauffez pas les aliments dans du plastique. On sait que les plastiques chauffés libèrent des produits chimiques dans les aliments.

-Réduisez votre consommation de produits transformés ou bruts emballés.

-Des microplastiques sont libérés des biberons lors de la préparation du lait maternisé selon une étude réalisée par des scientifiques du Trinity College de Dublin.

-Les liquides chauds, comme le lait maternisé ou l’eau utilisée pour stériliser les biberons, entraînent une plus grande libération de ces minuscules fragments.

-Evitez les contenants en plastique en tous genre, y compris les cosmétiques et les produits d’hygiène.

-Veillez à une bonne ventilation dans votre maison car la concentration de plastiques en suspension dans l’air est beaucoup plus élevée à l’intérieur.

-Passez souvent l’aspirateur pour éliminer la poussière de microplastiques qui s’accumule sur le sol et retirez les tapis qui retiennent les fibres et les particules de plastique.

-Privilégiez les sols en bois dur ou en carreaux de céramiques car les revêtements de sol en vinyle et en linoléum peuvent libérer des microplastiques dans l’air.

-Privilégiez les fibres naturelles et écologiques lorsque vous achetez des vêtements et de la literie car ils libèrent moins de microplastiques et de substances chimiques nocives.

-Bien que les textiles puissent également perdre des microfibres lors de leur fabrication ou simplement lorsqu’ils sont portés, le fait de revoir votre façon de laver le linge peut faire la différence. Le lavage d’une seule charge de vêtements synthétiques peut libérer des millions de microfibres:

-Utilisez un sac de lavage comme celui de Guppyfriend qui a été conçu pour filtrer les microfibres libérées par les textiles pendant le lavage afin de prévenir la pollution plastique (réduit de 54 % la perte de fibres). 

-Réduisez la fréquence de vos lessives, demandez-vous si vous avez vraiment besoin de laver un vêtement que vous n’avez porté qu’une seule fois. Cela vous permet par la même occasion d’économiser de l’eau et de l’énergie.

-Faites sécher vos vêtements à l’air libre le plus souvent possible car les microfibres sont également libérées par les sèche-linge.

-Optimisez la charge de votre lave-linge et évitez de faire tourner la machine à moitié ou partiellement (des recherches suggèrent que la perte de microfibres est plus importante lorsque de grandes quantités d’eau agitent une petite quantité de vêtements). 

-Lavez vos vêtements à une température plus basse et pendant une durée plus courte car les lavages plus chauds et plus longs peuvent produire davantage de fibres polluantes.

-Privilégiez les lave-linge à chargement frontal car ils génèrent moins de microfibres que les appareils à chargement par le haut.

-Il existe plusieurs dispositifs conçus pour lutter contre la pollution par les microfibres, notamment des filtres pour lave-linge ainsi que des sacs et des boules de lavage. Des études suggèrent que les filtres sont les plus efficaces.

-Si vous utilisez un dispositif de filtrage comme un sac ou des boules de lavage ou un filtre jetez les fibres capturées dans la poubelle, couverte de préférence, et veillez à ne pas rincer dans l’évier ce qui a été utilisé pour capturer les fibres.

-Certains lave-linge, comme le GRUNDIG FiberCatcher, retiennent jusqu’à 90 % des microfibres dans les cycles à base de fibres synthétiques (selon le fabricant).

-Utilisez un sac réutilisable pour faire vos courses.

-Tournez le dos aux pailles et aux couverts jetables.

-Achetez d’occasion au lieu d’acheter neuf, cela permet de diminuer l’extraction de matière première.

-Utilisez des produits fabriqués à partir de matériaux recyclés.

-Achetez local et sans emballage plastique.

-Préparez vos repas et stocker vos aliments dans des contenants réutilisables.

-Promenez-vous avec vote bouteille d’eau réutilisable.

-Tournez le dos aux plastique à usage unique.


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